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Nom du blog :
absurdeetparadoxes
Description du blog :
de l'humour, des critiques, des réflexions, de la musique, de tout autant que de rien...
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
29.04.2008
Dernière mise à jour :
21.06.2008

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les fourmis et leurs héros tv

les fourmis et leurs héros tv

Publié le 18/05/2008 à 12:00 par absurdeetparadoxes
N’est il pas étrange que le monde soit fait de manière telle que l’humanité semble avancer dans une direction un peu à l’image d’une fourmilière tandis que chacun de nous, autour de nous, n’est obsédé que par ses propres désirs et objectifs ? Affairé à la recherche d’un improbable bonheur pour certain, avec ou sans âme sœur, tandis que d’autres savent se contenter de ce qu’ils ont, ou font au mieux avec leur famille à gérer…
Tout ce monde avec ce lot quotidien de soucis et de petits plaisirs…
Chacun dans sa direction…
Et moi je me trouve là au milieu, comme des millions de personnes, avec mes espoirs et mon passé, mes idéaux un peu surannés et mon cynisme dégoûté, en quête comme tout le monde d’un amour improbable alors qu’on me répète depuis l’enfance que ‘’ça vient quand on s’y attend le moins, quand on ne cherche pas…’’.

Est-ce que c’était le point commun de tous ces célibataires quasi-trentenaires ? Avaient ils en eux une tare qui les distinguait du reste du monde ? Se remettaient ils trop en question ou au contraire pas assez ? Ou était ce du en partie aux dessins animés qu’ils avaient ingurgité étant enfants ? Ils étaient la génération 80, leurs premiers pas dans la vie se sont faits avec le Capitaine Flamme, Albator, Goldorak et tous les autres. Au final, tous leurs exemples étaient rongés de sentiments amoureux qu’ils ne pouvaient assouvir, destinés à servir un idéal noble… Du moins pour les garçons, les filles elles avaient pour exemple Gigi, Candy et consoeurs… Ce qui n’était pas mieux au final.

Bref, EraS en était là de ses pensées, au milieu des étalages d’une boutique spécialisée en fringues pour homme qu’il affectionnait particulièrement. C’était là un de ses pêchés mignons. Il ne pouvait s’empêcher facilement d’entrer dans cette boutique, ‘’juste pour voir’’… Et il en ressortait invariablement avec quelque chose.

Aujourd’hui il jeta son dévolu sur une chemise kaki un peu cintrée.

Un peu plus tôt dans la matinée, il avait donné rendez-vous à presque tout le monde : Bridget, Scrat et le Cousin. On passerait en test la blanquette de veau d’EraS.

Après quoi, direction la nuit des musées.

En payant ses achats, EraS avait failli y inviter la vendeuse de la boutique. Mais il s’était dit que pour une première, en admettant que celle-ci accepte, un musée ne serait peut être pas le top. Surtout avec la bande. Pas évident pour un premier contact, aussi bien pour elle que pour lui.

Mais sa décision était prise : sans risque, pas de réussite possible ! Il l’inviterait donc la prochaine fois qu’il reviendrait. Pour aller boire un café. Classique mais bon…

Comment pouvait elle s’appeler ? Il n’en avait pas la moindre idée, son intuition d’habitude fidèle ne lui servait à rien cette fois ci. Par contre il trouvait ses grands yeux bleus ravissants. Non... Hypnotisants serait plus exact. Dans les 25 ou 26 ans peut être, maximum en tout cas. Grande et brune… Craquante.

Mais le repas n’allait pas se faire tout seul. Direction la maison pour un peu de ménage, beaucoup de vaisselle (les joies du célibat, ou l’art d’entasser la vaisselle sale…) et préparation culinaire.

Il s’attela à la partie cuisine dés 16h30 : pour être bonne, la blanquette devait cuire lentement, très lentement.

Scrat arriva vers 17h30. Ils en profitèrent pour regarder quelques épisodes de Sex and the City tout en discutant de choses et d’autres devant un café et une délicieuse tablette de chocolat noir. La semaine de Scrat, exilée forcée vers une ville qu’elle n’aimait pas, travaillant dans un service dont elle avait horreur, avait été épuisante. Aussi, elle apprécia ces instants de calme qui lui laissaient enfin un peu de répit pour souffler.

La nuit des musées débutait officiellement à 19h30, ce qui leur laissait largement le temps de boire l’apéro et de manger tranquillement.
Mais c’était sans compter les habituels retards de Cousin. Arrivé avec près d’une heure trente de retard, Scrat Bridget et EraS avaient bien sûr commencé l’apéro.

-Je crois que je suis encore passé pour une blonde la semaine dernière au taf, annonça Bridget.
-Blonde comment ? demanda EraS.
-J’avais un problème avec une commande qui n’arrivait pas, en Allemagne. Ils ne comprenaient pas que la commande arrive si tard alors une fille m’a appelé pour râler. Moi je n’y étais pour rien : avec les ponts, tous les chauffeurs ne roulaient pas. J’ai essayé de lui expliquer…
-Là je redoute le pire, intervint Scrat.
-Et moi, quand on m’agresse dés le matin quand je ne suis pas bien réveillée… Je lui ai demandé si eux ne faisaient pas le pont pour le 8 mai.
-…
-Elle m’a répondu : nous on a perdu la guerre.

C’était de l’avis général une belle boulette en effet. Du grand Bridget.

Quelques martini et vodkas plus tard, la blanquette fut servie. EraS, vivant seul, comme tous les mecs célibataires ou presque ne se cassait pas vraiment la tête pour se faire à manger la semaine. En revanche, il adorait ces temps de pause du week-end pour s’occuper des ses amis.

Soignant la présentation de ses assiettes, il leur servit une blanquette accompagnée d’un peu de riz et d’un gratin de courgettes, le tout accompagné d’une sauce aux champignons de Paris et aux trompettes de la mort.

Ravi de sa présentation, il le fut encore plus de l’enthousiasme de ses amis et du bon appétit dont ils firent preuve. Ce fut littéralement une mise en pièces. Que l’Arbois et le Charcenne arrosèrent agréablement.

Tant et si bien, qu’arriva 23h et le repas se terminait à peine. En comptant le temps de trajet, il s’avéra que la nuit des musées… et bien serait pour l’année prochaine ! Quant à sortir… tout le monde avait un peu bu donc les discutions allaient durer encore un moment : l’humour était au rendez-vous et l’ambiance était agréable, les sujets traités variés… en plus on pouvait fumer tranquillement sans avoir à sortir, et, bonus d’entre les bonus, la musique qu’on voulait !

EraS avait annoncé en début de soirée la création de sa chronique, ce qui l’avait poussé à se lancer à nouveau dans l’écriture (il a toujours écrit beaucoup de choses, des poèmes aux nouvelles en passant par diverses tentatives inabouties de romans), et leur avait présenté les premiers jets de No sex in the Tipi.

-Du coup, ce matin je me posais la question suivante : vous croyez qu’on se remet trop en question ou pas assez ? Qu’on cherche trop à ressembler à une sorte de compromis entre ce que nous sommes et un ‘’nous’’ idéal ? demanda t il.
-Pas assez de remise en question, je ne pense pas, répondit Bridget,
-Plutôt l’inverse oui, dit Scrat,
-Surtout les filles ! intervint le Cousin,
-Vous n’êtes pas les derniers pourtant vous les mecs. Tous des torturés.
-Là je ne suis pas d’accord Bridget.
-Moi non plus, remarqua EraS, quand tu vois le nombre de sangliers qu’on croise partout, eux on ne peut pas vraiment dire que ce soit des adeptes de l’introspection…
-Ils préfèrent introspecter dans les blondes oui, dit le Cousin.
-Non mais je parle des mecs normaux moi, pas des dragueurs fous, reprit Bridget
-Ah parce que t’en connais beaucoup toi ? sourit Scrat
-Le problème des mecs c’est qu’ils sont trop compliqués, continua Bridget, soit ils ne veulent que du cul, soit ils disent qu’ils veulent une relation sérieuse, mais dés que ça devient trop sérieux, ils se barrent !
-Les mecs, compliqués ? c’était EraS. Tu délires, un mec c’est binaire, c’est comme un ordinateur la plupart du temps : des 0 et des 1, oui ou non, d’accord pas d’accord, ça marche ça marche pas, blanc ou noir. Quasi tout le temps comme ça. Les filles c’est ‘’peut être’’, ‘’je ne sais pas’’, c’est ‘’oui’’ et deux minutes après ‘’non’’, sans qu’on puisse savoir pourquoi. Tiens, ce truc pour un mec est rose ou rouge, pour une fille ce sera fushia ou je ne sais quoi.
-Ils ne sont pas tous comme ça non plus, heureusement, dit Scrat.
-Non, j’ai dis la plupart du temps… Sinon ça doit être notre côté féminin qui s’exprime. Mais plus sérieusement, je crois que beaucoup de mecs sont des sangliers. Jusqu’au jour où ils se font avoir, qu’ils aiment vraiment et qu’ils se font plaquer comme des merdes, quand on leur fait ce qu’ils ont toujours fait. Là, souvent ils deviennent des torturés.
-Sauf que toi tu n’as jamais été un dragueur et que tu es quand bien barré.
-C’est différent, moi j’ai toujours été un idéaliste.
-Exact. Alors quoi ? C’est tout ou rien avec les mecs ? Y en a pas un seul à peu près équilibré ?
-Ils sont comme les filles : entre celles qui font les pintades et prennent les mecs pour des cons, histoire de se venger des sangliers qu’elles ont croisé, et celles qui paraissent bien mais qui sont des nevrosées psychotiques incapables de sortir du passé… Elles sont rares celles qui n’entrent pas dans ces catégories.
-On n’est pas des névrosées !
-Je crois qu’en matière d’amitié mais aussi en matière de sentiments, il n’y a pas que les qualités de l’autre qui nous attirent. Je crois que ce qui fait durer, c’est qu’on s’entende le mieux avec ceux qui ont des défauts compatibles. De la même manière que je ne vais pas supporter certains travers, toi ça ne va pas te déranger, et inversement.
-Peut être que la difficulté est de trouver quelqu’un avec les qualités qu’on apprécie mais dont les défauts nous conviennent oui.
-Ca ne nous dit pas si on se remet trop en question ou pas assez.
-Ca dépend des gens. Nous peut être un peu trop. Mais pour l’histoire de l’idéal auquel on essaye de ressembler… Je pense qu’on essaye tous de plaire, d’une manière générale. Donc forcément, on fait attention à ce qu’on met, à ce qu’on dit et tout ça.
-Donc le regard des autres quoiqu’on en dise compte plus que ce que nous sommes réellement.
-De certains en tout cas, oui, sûrement.
-Et bien on n’est pas tirés de la berge ! conclut EraS.

Au fond, le regard des autres pèse toujours sur notre façon d’être, à cause de cette référence à la norme. Peut être que c’était ça la vraie question : qu’est ce qui a fait, à un moment, que la norme est arrivée à tellement influer sur nous que nous ne nous en rendions même plus compte ?

Finalement, on se remet en question par rapport à quoi ou à qui ? C’est toujours le référentiel qui compte. Par rapport à ce que nous voudrions ? A ce que nous voyons autour de nous ?

La seule tare qu’ont les quasi-trentenaires ne vient pas de leur éducation sentimentale, de leurs états d’âmes, mais de l’influence de la norme, insidieuse, omniprésente, impalpable. Et ce sentiment de ne pas être à sa place ne naît sans doute que de cet état de fait : ils sont finalement un peu comme des rebelles qui n’entrent pas dans le carcan.
Ca ne les empêche pas de le désirer un peu malgré tout ce carcan. Mais pour eux c’est sans doute plus par idéal que par obligation de se soumettre à la norme.

Je trouve cette vision assez rassurante : mon moment n’est pas venu, voilà tout. Je ne suis pas si anormal que ça, ou plutôt, si je le suis, c’est parce que je suis moi, et ça, c’est flatteur. Reste à trouver une anormale avec des défauts compatibles…

Et continuer à partager ces bons moments avec mes amis, de bons repas, de bons vins… Car casé ou pas, les amis, les vrais, eux sont toujours là.

:: Les commentaires des internautes ::

tatouefr le 24/05/2008
Quand on arrive dans la région il y a des choses qui étonnent, les choses aussi stupides que de se faire foutre à la porte d’un magasin parce qu’il est midi et qu’à midi 1 minute le magasin doit être fermé. Mais aussi des choses plus profondes, plus ancrées, comme la course de ces jeunes à peine sortir de l’adolescence, à vouloir à tout prix se mettre à la colle devant Monsieur le maire. A 18, 19 ans ils ont déjà la bague au doigt et quelques morveux à leurs baskets. Un coup de foudre, une love story ? Non je n’y crois pas, c’est plus par convention sociale que par amour, parce qu’il faut se marier, parce que c’est comme ça, parce que les parents ont fais la même chose au même age et quand je les vois devant la mairie avec tous les clichés sans lesquels un mariage ne serait pas un mariage, je veux parler de la voiture ringarde qui les a amené, le cortège de voitures klaxonnant comme des cons, qui les suit… Mon dieu comme je les plains car ça finira dans quelques années par un divorce où il faudra s’entre déchirer et se partager les enfants qu’on a pondu et le chien qu’on a acheté. Il y a la vaisselle qui moisie dans l’évier et les chaussettes sales au pied du lit ? Regarde les ces couples à 30 ans : elle, elle appelle son mari « mon gros » Lui c’est « maman » ou la « grosse » franchement je préfère sentir les chaussettes sales, c’est moins douloureux. Il y a une chanson de Ferré qui résume bien tout ça « Avec le temps » c’est tellement vrai ce texte, mais c’est une autre histoire et puis tu as encore le temps de ( bien ) comprendre cette chanson ! Bref pour résumer, même si parfois la solitude est parfois pesante, elle te permet de faire ce que tu veux sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit et ça c’est la plus belle et la plus précieuse des choses. Enfin c’est mon point de vue. Bonne chance avec la vendeuse. Ah ! J’allais oublier la faute de goût : des pommes de terre à l’eau avec de la blanquette, pas de riz !